Ne faites pas de supposition – Les 4 accords toltèques

Dans cet article nous allons aborder l’un des accords toltèques. Après Que votre parole soit impeccable et N’en faites pas une affaire personnelle, Don Miguel Ruiz aborde l’accord toltèque suivant Ne faites pas de supposition.

Prenons un exemple d’une conversation entre amis. L’ami(e) 1 parle de ses ressentis et pensées sur une situation concernant Ami(e) 3. L’ami(e) 2 reste plutôt neutre, ne réagit pas spécialement et ne porte pas réellement d’avis particulier. Lorsque Ami(e) 3 rentre dans la pièce, l’ami(e) 1 va alors exprimer « comme l’a dit Ami(e) 2…. » en citant ses propres propos.

Cela peut illustrer la confusion entre ressenti personnel et parole de l’autre, la supposition d’adhésion et la projection. Ami(e)1 suppose que Ami(e)2 est d’accord, que son silence vaut pour approbation, que son ressenti est donc partagé et que peut être exprimé. Or, rien de tout cela n’a été exprimé.

Cet exemple montre que la supposition ne porte pas uniquement sur les intentions d’autrui mais également sur l’adhésion de l’autre, de son point de vue, son accord implicite.

La supposition est dans ce cas exprimée comme un fait. Elle est transmise à une tierce personne sans vérification préalable. Cette situation met alors Ami(e)2 dans une position inconfortable ou injuste, créer un malaise avec Ami(e)3, génère de la confusion, brise la confiance ou provoque des conflits indirects.

Imaginons maintenant une personne racontant une situation arrivée à son travail. Au fur et à mesure la personne inverse les prénoms des personnes qui se trouvent dans la situation citée ou va encore exprimée l’inverse de ses propos du début. Elle va alors ensuite rajouter ou enlever des choses à son histoire. Il ne s’agit pas seulement d’une erreur de mémoire ou d’un récit maladroit. Cela peut englober une interprétation personnelle des faits, une reconstitution de la réalité, une supposition intégrée au récit comme si c’était un fait réel. Nous touchons à l’inconvénient qui est de confondre ce qui a été vécu et ce qui a été interprété.

Cela va devenir une problématique de communication. L’auditeur croit entendre une réalité factuelle alors qu’il s’agit d’une version interprétée. Les suppositions deviennent des « vérités » . même si cela est involontaire cela peut créer des malentendus, alimenter des conflits, détériorer des relations personnelles ou professionnelles, ou encore générer de la méfiance.

Éviter les suppositions permet également de clarifier le mental. Lorsque l’on suppose, l’esprit s’agite, comble le vide par des interprétations et cherche à donner du sens à ce qui ne lui en offre pas immédiatement. À l’inverse, oser demander apaise. Même dans le pire des cas, un refus de répondre ou une absence de réponse apporte davantage de clarté qu’une multitude de scénarios imaginés.

La supposition naît souvent d’un silence ou d’un vide que l’on juge insoutenable. Plutôt que d’accepter de ne pas savoir, le mental préfère remplir cet espace par des hypothèses. Pourtant, ce vide n’est pas forcément porteur de sens caché ; il est parfois simplement un espace laissé ouvert. Apprendre à ne pas le combler systématiquement, c’est aussi apprendre à apaiser l’esprit et à distinguer ce qui est réel de ce qui est projeté.

Il serait illusoire d’affirmer que l’on peut ne jamais faire de suppositions. Pour certains, et parfois selon les situations, s’en abstenir totalement peut s’avérer difficile. Le mental cherche naturellement à comprendre, à anticiper, à combler les zones d’ombre.

L’enjeu n’est donc pas tant d’éliminer toute supposition que de savoir les reconnaître pour ce qu’elles sont. Une supposition reste une hypothèse, non un fait. La garder à l’esprit comme telle permet d’éviter de l’ériger en vérité, de la transmettre comme une certitude ou de réagir émotionnellement sur une base non vérifiée.

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